
Carnet de dessins #1
Ginza sous la pluie
Un lieu étrange…
Phase critique #1

« …Continuant à feindre de l’ignorer, il s’enroula sur lui même
de telle sorte qu’il lui offrait à present la vue de ses cavités érogènes.
Cette nudité soudaine ne provoqua en elle qu’une courte torpeur.
L’instant d’aprés il gisait sur le sol, inerte, eclaboussé de lymphes
et parsemé d’eclats… »
Shinjuku by night
La valse des adieux – Milan Kundera
Elle avait un visage joli et vide. Assez joli pour attirer les hommes et assez vide pour que s’y perdent toutes leurs supplications. En outre, ce visage était fier, et Jakub savait : fier non pas de sa joliesse mais de son vide.
[ ... ]
-Non, je n’exagère pas, dit Bertlef, et il s’adressa au cameraman.Vous en avez l’impression, parce que vous n’habitez que le sous-sol de l’être, vous, vinaigre anthropomorphisé! Vous débordez d’acides, qui bouillonnent en vous comme dans la marmite d’un alchimiste ! Vous donneriez votre vie pour découvrir autour de vous la laideur que vous portez à l’intérieur de vous même. C’est pour vous le seul moyen de vous sentir un moment en paix avec le monde. Car le monde, qui est beau, vous fait peur, il vous fait mal et vous repousse sans cesse de son centre. Comme il est intolérable, n’est ce pas? D’avoir de la saleté sous les ongles et une jolie femme à côté de soi ! Alors, il faut d’abord salir la femme et en jouir ensuite.
[ ... ]
Vos ongles sales et votre pull-over troué ne sont pas chose nouvelle sous le soleil, dit Bertlef. Il y avait autrefois un philosophe cynique qui paradait dans les rues d’Athènes vêtu d’un manteau troué, pour se faire admirer de tous en affichant son mépris des conventions. Un jour, Socrate le rencontre et lui dit: Je vois la vanité par le trou de ton manteau. Votre saleté aussi, monsieur, est une vanité, et votre vanité est sale.

Pour savoir ce que sont les matsuris :